illustration au trait représentant une planche de bois sur laquelles sont disposés, serrés, des carnets de tailles diverses, un pot d'encre de Chine et trois pièces de monnaie

Souvenirs de Nulle-part

bibliothèque (un peu bancale), machine à imprimer des pensées

Calmement

À ma droite, en tailleur sur le lit de la chambre d’ami, ma fille puînée fait quelques exercices de japonais et de coréen sur la célèbre application à la chouette verte. Devant moi, le live twitch de Boulet en sourdine et, à l’évidence, ma machine à écrire portable : un ordinateur de récup’ sous Debian. Partout autour, mes pensées, mes impressions, ma conscience de ma fille, de la planche de découpe sur mon bureau et de la poussière sur son plateau de verre noir, des mots de boulets, de ses traits de stylet et de la lumière orangé de l’éclairage publique. Comme d’habitude j’ai du mal à être à mes mots.

Je viens de lire un tweet de Julien Simon sur le déclin des blogs et je songe à toutes mes tentatives vites interrompues. Cela fait pourtant plus de dix ans que je possède ce nom de domaine, plus de quinze même. Il y a eu du plumexml, du TextPattern, du Kirby, des pages statiques… Est-ce que je me réfugiais dans mon insatisfaction de le technique pour délaisser cet espace ? Disons que cela me permettait de masquer ma certitude de n’avoir rien à dire d’intéressant. Pourtant je m’acharne à maintenir ce lieu, presque malgré moi. Il faut croire qu’il me tient à cœur.

Comme d’habitude, à bientôt de vous écrire…