à zinc

Cher café transcrire

Il y a de cela quelques jours, juché sur un tabouret, devant le comptoir d’une brûlerie perpignanaise que j’apprécie, je me suis pris à demander une tasse d’un café promu sur une petite ardoise suspendue à un clou. Provenance : Indonésie, cinq euros et quatre-ving-dix cents l’espresso. Aujourd’hui encore, je ne sais pas bien pourquoi je l’ai commandé. Par pure curiosité sans doute — nul snobisme je l’espère. Toujours est-il que, à cause du prix, de l’envie d’éprouver ce qu’il avait de spécial, je n’ai pas bu ce café comme je le faisais d’habitude.

tasse de café vide

J’ai glissé mon téléphone au fond d’une poche de mon manteau, posé mon livre en cours sur le comptoir et me suis concentré sur la tasse fumante posée devant moi.

On aurait pu parler de dégustation mais il n’était pas tant question de plaisir gourmand que de méditation. Nul besoin de decorum, d’attitudes codées ou sur jouées, j’ai simplement essayé d’observer les sensations qui accompagnaient l’ingestion du café : le lisse de la porcelaine sur mes lèvres, la chaleur glissant de la langue à la gorge, les arôme tournant dans ma bouche, la perception des automatisme de mon corps… Bref, tout ce qui se passait d’habitude quand je buvais du café, du thé ou toute autre boisson mais sans pour autant que je le remarquasse alors. La différence de cette expérience est, qu’encouragé — si je puis dire ainsi — par le tarif de la tasse, je me suis consacré entièrement à elle.

Ce moment anodin de « pause café » m’a fait prendre conscience des bienfaits de l’interruption, la vrai, celle qui empêche les idées de tourner en rond en se focalisant sur soi, sur son être au présent, même pour de courtes minutes.

Oui, il paraît qu’on peut aussi faire cela en tailleur et en se concentrant sur sa respiration… pour commencer.